Prise de tête ?
L'enfant, pour devenir adulte, passe par "la plus délicate des transitions"1 : l'adolescence, un âge où la liberté de penser, de rêver, et de construire, dépasse sa maîtrise des choses. On cesse de croire aux choses simples et de se laisser prendre aux pièges de l'insouciance.
Evidemment, cela demande du temps, mais surtout beaucoup d'efforts, parce que la réflexion et la sagesse, la maîtrise de soi et la responsabilité sont autants d'arts ardus à exercer. Voilà bien la raison qui pousse tant d'êtres, encore trop faibles pour grandir, à fuir l'école de la vie et demeurer des enfants, arpenter des chemins déjà tout tracés par d'autres, s'en tenir à des principes inculqués par la société qui les dirige comme on manipule des marionnettes, obéir à des lois et des morales établies par des ancêtres qui n'avaient pas encore tout appris...
Il semble pourtant que le sommet de la montagne se trouve au dessus du rocher qui le soutient. Ce n'est pas si simple de l'atteindre. Alors on rêve de là-haut, tout en s'y croyant déjà, et on n'escalade rien, parce que c'est trop dur.
Oui, ça fait mal, c'est fatigant, ça prend la tête de se mettre les choses en tête, de se retrouver en tête, et de tenir tête, mais on ne devient pas adulte sans souffrir, seuls les enfants et les faibles abhorrent les prises de tête...
1. V.Hugo